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Tout savoir sur les offres publiques en bourse (OPA, OPE, OPR, …)

Nous allons voir dans l’article d’aujourd’hui différentes offres publiques qui peuvent avoir lieu sur les marchés boursiers. Nous allons découvrir ce qu’est une OPA (Offre Publique d’Achat), une OPE (Offre Publique d’Échange), une OPR (Offre Publique de Retrait) et une OPRA (Offre Publique de Rachat d’Actions).

Nous verrons également les modes de défense que peut utiliser une entreprise pour éviter de se faire racheter, dans le cas d’une OPA hostile.

Vous pouvez retrouver la version vidéo de cet article juste ici :

Qu’est ce qu’une OPA ?

Une OPA a lieu lorsqu’une entreprise A désire racheter une entreprise B. Elle doit proposer un cours à l’achat supérieur au dernier cours enregistré. Il existe deux types d’OPA : les OPA amicales et les OPA hostiles.

Dans le premier cas, l’offre a été discutée en amont par les deux entreprises et elles se sont mises d’accord. L’entreprise B est donc consentante pour se faire racheter par l’entreprise A. Tandis que dans le second cas, l’entreprise A rachète l’entreprise B, mais sans son accord.

Les sociétés opéables

Certaines sociétés sont dites opéables si la société a un actionnariat très diversifié et qu’aucun actionnaire majoritaire se détache des autres. Ces sociétés ont beaucoup plus de probabilité d’être victime d’une OPA par rapport à une entreprise ayant un ou deux actionnaires majoritaires.

C’est pour cela que certaines familles détenant des grands groupes essayent de garder au maximum le contrôle de leur entreprise. Pour être sûr d’avoir totalement le contrôle, ces familles doivent avoir 51% des actions, ce qui leur permettra d’être majoritaire sur toutes les décisions prises lors des assemblées générales.

De plus en étant actionnaire majoritaire, la famille protège son entreprise des OPA, car une entreprise concurrente souhaitant racheter la société en question, ne pourra avoir qu’au maximum 49% des actions. L’entreprise concurrente sera donc toujours l’actionnaire minoritaire dans ce type de cas.

Réaction des actionnaires

De manière générale, une OPA sera bien vue pour les actionnaires de l’entreprise B, car les actionnaires se verront racheter leurs actions à un cours plus élevé que le cours actuel.

À l’inverse, pour l’entreprise qui rachète l’entreprise B, les investisseurs voient d’un mauvais œil ce rachat la plupart du temps, car cela peut être risqué et la fusion entre les deux sociétés peut mal se passer. De plus, l’entreprise devra souvent s’endetter pour racheter l’entreprise, ce qui peut inquiéter ou faire fuir les actionnaires.

Les OPAS (Offre Publique d’Achat Simplifiée)

Il existe un cas particulier d’OPA appelé OPAS pour Offre Publique d’Achat Simplifiée. Cela arrive lorsqu’un actionnaire détenant une importante partie de l’entreprise décide de renforcer sa participation au sens de cette dernière. Récemment, en 2021, ce fut le cas avec Xavier Niel qui a décidé de racheter les actions restantes de son groupe Iliad.

Comme lors d’une OPA classique, le cours de l’action lors du rachat sera forcément supérieur au cours actuel de l’action. Ainsi, une OPAS est généralement une bonne nouvelle pour les actionnaires.

Les techniques de défense des entreprises

Une entreprise qui subit une OPA hostile peut se défendre pour éviter un rachat et elle peut opter pour plusieurs méthodes que nous allons voir ci-dessous. 

La technique du chevalier blanc

La première est appelée la technique du chevalier blanc : l’entreprise B qui est susceptible de se faire racheter demande à une entreprise C de proposer une offre supérieure par rapport à l’offre de l’entreprise A.  Cela empêche l’entreprise A de finaliser l’OPA et cela permet à l’entreprise B de se faire racheter par l’entreprise C avec qui elle préfère fusionner.

Donc, dans ce cas, l’OPA de l’entreprise C sur l’entreprise B est une OPA amicale. Bien sûr il peut y avoir aussi plus que deux entreprises qui souhaitent racheter l’entreprise B.

Dans ce cas, il s’agira de surenchères de la part des entreprises pour acheter des actions au cours le plus élevé. Les investisseurs de l’entreprise qui se fait racheter seront ravis, car ils pourront vendre leurs actions à un prix de plus en plus élevé, au fur et à mesure des surenchères !

Augmenter le nombre d’actions en circulation

Une deuxième méthode que l’entreprise peut mettre en place est d’augmenter le capital en circulation de l’entreprise en mettant en circulation de nouvelles actions. Il peut s’agir aussi d’une distribution de bons particuliers aux actionnaires qui leur permet d’acheter les actions de la société moins chères que le cours actuel.

Cela va donc diluer le capital de l’entreprise, ce qui rendra l’OPA de l’entreprise A plus difficile à mettre en place, car elle devra acheter plus d’actions que prévu !

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Une structure juridique séparant droits de vote et détention de capital

Ensuite, l’entreprise peut choisir une structure juridique qui permet de séparer les droits de vote et la détention du capital au sein de l’entreprise.  Ainsi, l’entreprise A voulant racheter la société B n’aura jamais la majorité et ne pourra pas détenir plus de 50% des droits de vote.

Monopole détenu par une société

Il peut y avoir également un veto du ministre des Finances françaises si jamais deux entreprises souhaitant fusionner crée une seule entreprise trop imposante. En effet, cela pourrait poser un problème, car cette nouvelle entreprise pourrait contrôler entièrement son secteur d’activité en détenant un monopole sur celle-ci.

Or, en France, il est formellement interdit de détenir un monopole dans une quelconque activité.

Nous avons vu cela récemment avec Veolia (n°1 de la gestion de l’eau en France) et Suez (n°2 de la gestion de l’eau en France) qui voulaient fusionner mais Veolia n’a pas pu racheter Suez dans son entièreté pour des questions de monopole. Certains secteurs géographiques de Suez sont conservés par cette dernière, dont la France.

Qu’est ce qu’une OPE ?

Dans le cadre d’une OPE, l’entreprise souhaitant racheter l’entreprise ne dépense pas d’argent, mais propose un échange d’actions. C’est-à-dire que les actionnaires de la société B peuvent échanger leurs actions avec celle de la société A (qui souhaite racheter la société B). Ou si les actionnaires préfèrent, ils peuvent ne pas participer à l’opération et vendre leurs actions.

Faut-il participer à une OPE ?

En tant qu’actionnaire vous ne paierez pas d’impôts sur les plus-values car vous ne recevez pas de l’argent mais de nouvelles actions. Si vous pensez que l’entreprise qui souhaite échanger ses actions avec votre entreprise a aussi des perspectives intéressantes et qu’elle vous intéresse, vous pouvez participer à l’offre d’échange et devenir actionnaire de cette nouvelle société.

Sinon, vous pouvez très bien vendre vos actions. Si le nombre d’actions ne tombe pas sur un nombre fixe, selon le ratio d’échange entre la société A et la société B, vous aurez le reste en argent sous forme de soulte

Qu’est ce qu’une OPR ?

Vous pouvez aussi voir sur les marchés boursiers des OPR. Celles-ci, en général surviennent après une OPA ou une OPE et permet de retirer de la côte une action. Elles portent sur les titres qui n’ont pas été apportés à l’offre. Ces derniers doivent être inférieurs à 5 % pour qu’une OPR puisse être réalisée. De plus, 95 % des actionnaires doivent approuver cette décision.

Le prix pour une OPR est souvent égal à celui d’une OPA. Néanmoins, comme une OPR a toujours lieu après une OPA, le cours peut être plus élevé si la demande est plus importante ou plus faible.

Attention aux krachs boursiers

Par exemple lors du krach boursier de 2008, pour les OPA et OPE qui ont eu lieu juste avant la crise et les OPR correspondantes qui ont suivi juste après le krach boursier, le cours l’action a été divisé par 2, 3 voire 5.

Il peut être donc plus intéressant d’acheter ou de vendre au moment d’une OPR, mais cela est aussi plus risqué, car il n’est pas garanti d’avoir le même prix que pour une OPA ou une OPE. Cela est à vous de voir selon votre aversion au risque.

Sinon, pour les actionnaires les plus résistants, on fait recours à une OPRO

À noter que si certains actionnaires ne veulent toujours pas apporter leur titre à l’OPR, il suivra alors une OPRO (Offre Publique de Retrait Obligatoire). Cette offre obligera les actionnaires ayant garder leurs actions à les vendre. Après cela le titre disparaîtra officiellement de la côte.

Qu’est ce qu’une OPRA ?

Enfin, il existe aussi des OPRA sur les marchés boursiers. Cela arrive quand une entreprise décide de racheter ses propres actions pour les annuler ce qui fait augmenter mécaniquement le cours de l’action car il y a moins d’actions en circulation.

Cela peut être intéressant d’investir dans une entreprise qui réalise des OPRA fréquemment, car cela indique qu’elle a confiance dans ses perspectives et qu’elle a assez de capitaux propres pour faire ce genre d’opérations.

Rachat d’actions des cadres supérieurs

Vous pouvez également regarder si des cadres supérieurs achètent des actions, car dans ce cas, ils pensent également que le cours de l’action va augmenter sur le moyen, long terme et que la société se porte bien.

Toutefois, si des cadres supérieurs vendent leurs actions, ce ne sera pas forcément car l’entreprise est en mauvaise santé financière, peut-être qu’ils ont juste besoin d’argent pour financer des projets personnels ou pour s’acheter une maison par exemple.

J’espère que mon article vous aura aidé à y voir plus clair les offres publiques en bourse. Je vous renvoie vers un autre article qui vous aide à savoir quel est le meilleur moment pour vendre ses actions.

Source des Images : Pexels

Je précise que je ne suis pas reconnu comme un professionnel par l’État ou un organisme financier public mais je suis simplement un particulier qui partage ses connaissances, ses erreurs et réflexions dans le but de vous aider.

Tout investissement comporte des risques donc n’investissez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Lorsque vous décidez d’investir en ligne, il est important de bien se renseigner en amont et de croiser les sources.

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Logo Gwenn Rohart se lancer en bourse

Salut à toi et bienvenue sur mon blog, je m'appelle Gwenn Rohart et je suis un investisseur particulier en bourse.

Lorsque j'ai voulu me lancer en bourse, j'ai eu beaucoup de difficultés et d'hésitation au début. Mais comme je savais que ça valait le coup, je me suis accroché et je me suis formé par moi-même.

J'ai créé ce blog pour vous aider à vous lancer en bourse à votre tour. J'espère que mon contenu vous plaira et vous sera utile. Si c'est le cas, j'aurais atteint mon objectif d'aider un maximum de débutants à commencer à investir en bourse !

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